Aujourd’hui on va encore découvrir une nouvelle brasserie, après les adorables brasseurs de Rubé, on va aller voir les deux amis de chez les Maltfaiteurs !

Tout comme Rubé, la brasserie est quelque peu cachée, dans une impasse en plein 13ème arrondissement de la ville, dans une maison, on voit sur le portail en tout petit écrit « brasserie les maltfaiteurs ». On y est !

 

 

Les maltfaiteurs agissent en duo !

Je vais déjà commencer par vous parler de nos deux amis, Sylvain et Sylvain (c’est pratique !), l’un est à 100% sur la brasserie et ancien de chez Arcelor Mittal, le second a encore une activité à côté dans le domaine viticole. Tous deux passionnés, ils ont décidé il y a 2 ans de se lancer après, comme beaucoup, avoir tenté le brassage amateur.

Comme toujours les débuts sont difficiles, il faut finaliser ses recettes, chercher le matériel, trouver les locaux et se faire financer.

Pour les recettes, comme beaucoup, ils ont noté au fur et à mesure leurs recettes, amélioré celles qui devaient l’être etc… la difficulté au final n’est pas là, mais bien pour le reste !

Le matériel ? De la récup’ (tank à lait par exemple) ou occasion la plupart du temps, nos amis ont su s’équiper avec un bon matos, mais l’embouteillage est manuel encore et l’étiquetage lui, semi automatisé (hey c’est pas mal déjà !)

Le financement, il a fallu convaincre les banques, mais ils ont réussis tout en compétant un peu via des donations, notamment pour s’équiper en fûts.

Non moi ce qui m’a particulièrement plu c’est le local ! Après pas mal de recherches, nos amis ont essuyé pas mal de déception, la plupart du temps c’est compliqué de trouver un local assez grand, et pratique pour brasser.

Souvenez-vous, Rubé brasse entre leur jardin et la cave de leur immeuble, grâce à leur propriétaire qui les encourage dans leur démarche. Ou encore à l’époque, la brasserie Des Suds (Qui aujourd’hui a bien changée, mais on y reviendra dans un autre article), qui officiait au sous-sol d’un mas provençal perdu dans le quartier de St Loup (et ça avait un charme indéniable !). Mais Minotte n’étais pas en reste avec son minuscule local dans une petite rue du 6eme arrondissement de Marseille ou encore Aquae Maltae qui brassait au début dans un tout petit local (je me souviens encore du moteur de machine à laver qui servait pour tourner le moulin !).

Du coup, quand on est une petite brasserie avec peu de moyens, trouver un local ça reste compliqué comme on l’a vu avec nos brasseries précédentes, et après quelques recherches, l’un de nos deux amis a pu trouver le local….. Chez sa grand-mère !

Pour l’anecdote, celle-ci cueillait à l’époque dans le Nord, du houblon, pour son père, boulanger de profession, qui fabriquait lui-même sa propre bière… on peut dire que la boucle est bouclée au final !

La grand-mère possède une petite maison avec un jardin contenant plusieurs boxes de garage qui étaient inutilisés, tout était parfait ! Après quelques travaux comme par exemple, couler une dalle pour faciliter le transport du matériel et des matières entre les boxes et l’extérieur (et vice versa), notre équipe de truands brasseurs s’est mis en route pour optimiser au max les lieux et y poser leur matériel.

 

 

Sauver la terre car c’est la seule planète qui a de la bière !

Le brassage, en tout cas le process, ça reste classique, que vous ayez un matos d’occasion ou du neuf grâce une super trésorerie, vous ferez face aux mêmes étapes. Ici la plupart des étapes sont réparties entre les différents boxes qui communiquent entre eux.

Là où la démarche est appréciable, c’est que tout est dans une démarche écologique assez poussée, et ce n’est pas une « mode » comme j’entends partout, parce que beaucoup de gens font cela, c’est je pense une nécessité qui a besoin d’être encouragée.

Beaucoup de brasseries dans le coin sont plus ou moins dans cette démarche, et c’est tant mieux, ici par exemple, les matières premières sont le plus local possible. Je dis cela car à la base le malt était pris dans la Drôme, mais le malteur est en stand-by, en attente de son repreneur, du coup à l’instant T forcément le malt est plus dur à obtenir localement, mais la base est là, et une fois le malteur revenu tout sera récupéré dans la Drôme.

Le houblon lui est pris plutôt dans le Nord, on est encore un peu faiblards en houblons dans le sud du pays mais Houblon de France veille au grain si je puis dire !

Ensuite l’ensemble de l’électricité est issue d’un contrat énergétique avec une société concurrente à EDF qui redistribue l’énergie via des modes « verts » comme l’éolienne.

L’eau, elle, n’est pas gaspillée, elle est récupérée notamment avec l’échangeur à plaques qui marche en circuit fermé, permettant justement de ne pas consommer de l’eau et la gaspiller, celle-ci est réutiliser pour le reste du brassage. D’ailleurs un compteur d’eau est installé pour surveiller la consommation d’eau!

Enfin, notre équipe a mis en place des fûts réutilisables, même si il y a une poche en plastique, la structure, elle, est réutilisable, évitant ainsi un gaspillage comme on trouve avec beaucoup d’autres fûts.

 

 

Une gamme qui démarre doucement mais qui réserve de belles surprises !

La résultante de tout ça bien entendu, c’est la bière ! Avec pas mal de recettes en poche, nos amis ont de quoi faire des saisons, des éditions limitées etc.. Mais pour l’heure on est sur une gamme classique, blonde, ambrée, blanche et brune…. Sauf que…. Nos amis ont voulu sortir un petit peu des sentiers battus pour ne pas être trop classique justement.

On en parlera en détail mais j’ai pu goûter une blanche poivrée, une belle Ipa, une jolie Porter ronde en bouche, aromatique mais légère mais on y reviendra en détail lors des tests.

Les verres sérigraphies sont très jolis aussi, avec une ligne d’horizon qui dessine la bonne mère, et un logo très sympa pour des noms de bières plutôt funs collant avec le thème de la brasserie.

Mais pour les dégustations, on y reviendra un peu plus tard !

 

 

Pat Hibulaire mais presque! (jeu de mot pour les fans de Coluche et Piscou)

On est ici aux débuts de la brasserie, la 1ere vente a eu lieu le 17 janvier 2019, c’est donc tout récent !

Aujourd’hui on peut trouver les bières dans une trentaine de commerces entre Marseille et le Var, la gamme est encore en train de s’étoffer avec encore quelques recettes en poche et nul doute que l’on va la retrouver dans d’autres points de vente encore.

Nos amis ont aussi pour projet à court terme de passer au 75cl pour pouvoir se diffuser encore plus, et aussi parce que la tendance à la bière de table qui se partage se démocratise de plus en plus et c’est tant mieux !

En conclusion

Je ne peux que vous conseiller de goûter leurs bières, déjà parce que c’est local, mais aussi parce que c’est une jeune brasserie qui a besoin d’être encouragée mais aussi qui a besoin de vos retours constructifs.

Ce qui m’a le plus séduit ici, c’est comme avec Rubé, c’est le fait qu’ils partent avec peu de moyens, de la débrouille, de l’aide familiale, amicale, bref ils commencent petits, dans des boxes de garage, bien loin d’autres brasseries qui ont la chance d’être plus nombreux ou d’avoir plus de moyens pour ouvrir en centre-ville et avoir un espace « brewpub ».

Bien sûr, je ne dénigre pas pour autant les plus « costauds » comme Zoumai qui ont un beau local en centre-ville (ou Communale apparemment que je ne connais pas encore pour l’instant), attention, j’adore ce qu’ils font, et j’encourage tous les acteurs locaux du milieu brassicole ou je vis, mais ce que j’apprécie aussi c’est le côté un peu « roots » de la chose, entre eux et Rubé j’ai un peu l’impression de revoir les débuts de la bière artisanale d’autres petites brasseries qui ont fait du chemin au point de s’agrandir, étoffer leur gamme (voire faire du Pastis pour certains fadas) et devenir connus comme le loup blanc.

Bien entendu, la résultante est la même : la bière ! Mais je suis heureux de voir que rien que sur Marseille, on peut compter 6 brasseries environ (sans compter le reste du département), alors qu’avant on avait droit à rien d’autre que de l’industriel !

Donc si vous voyez une bière avec un monsieur masqué dessus estampillé d’un nom crapuleux, essayez de lui donner sa chance, vous devriez trouver quelque chose de très sympa.

Après tout, la plupart des grosses histoires ont commencée par un garage, donc pourquoi pas ici ?

 

Ps : Un grand merci aux Sylvain pour leur accueil et leur gentillesse, ainsi que les photos fournies, à très vite sur le blog et autour d’un verre! 🙂

 

Cheers!

 

Share Button

« »