Si on vous parle de bière Noire, automatiquement vous allez penser à une Guinness n’est-ce pas ?

Ne vous en faites pas c’est tout à fait normal, cette bière est devenu tellement culte et connue que l’on associe son nom à une couleur de bière et même un style, n’en déplaise aux geeks.

Bien entendu, il n’y a pas que Guinness, et heureusement, mais force est de constater que quasiment tous les pubs propose cette bière, et que dès qu’on parle de Stout à une personne qui n’y connait rien on lui dit toujours « mais oui, tu sais, une Guinness en gros ».

Fort heureusement, Guinness ne supplante pas le terme de Stout comme Frigo a supplanté le réfrigérateur par exemple, mais il est indéniable que cette brasserie est un incontournable du genre, ses pubs vintage sont de la déco vendues partout sur le net, sa manière de servir aussi, et surtout on l’associe automatiquement à son pays d’origine : L’Irlande !

Alors du coup, nous allons parler de cette brasserie, qui, même si elle est industrielle est un incontournable du marché, et je voulais de toutes façons, vous parler aussi des grands groupes à travers le portrait de quelques-uns des plus connus et un futur dossier en plusieurs parties sur ces fameux grands groupes et leur place historique dans le milieu brassicole.

Pour revenir à notre Toucan Irlandais, on va ici aborder l’histoire de cette brasserie et de son fondateur, en bifurquant un peu sur la bière en elle même et la notoriété de la brasserie. (On fera un article à part sur les Stout).

 

Une brasserie très ancienne, petit historique 

Guinness est une très vieille brasserie, elle date de 1759, donc elle a 260 ans au moment ou je publie cet article, on est ici face à l’une des plus vieilles brasseries encore en activité, mais pas la plus vieille puisque c’est la Bayerische Staatsbrauerei Weihenstephan en Allemagne qui existe depuis 1040.

Le fondateur de cette brasserie c’est Arthur Guinness, né en 1725 (et mort en 1803), fils de maître brasseur, qui a loué une brasserie à Dublin en 1759 via un bail de 9 000 ans, une durée assez peu commune qui, de nos jours, ne sert plus à rien car la brasserie a depuis été rachetée aux propriétaires. Mais on trouve toujours ce fameux bail si on visite la brasserie à Dublin.

Sacré Arthur!

Le lieu est une brasserie abandonnée, la St James Gate Brewery, et la première bière brassée ne sera pas une Stout ou une Porter mais une simple Ale. Ce n’est que bien plus tard, en 1778 que la brasserie commença à produire des bières noires comme la Porter ou les premières Stout.

La brasserie ne cessera de croître au fur et à mesure des années, jusqu’à en doubler sa production, comme en 1876, passant 350 000 tonneaux en 1868 à 779 000 tonneaux en moins de dix ans, et dépassant le million en 1886 devenant là, par la même occasion, une entreprise publique. 

L’entreprise, au début du 20ème siècle, dû faire face au progrès et à la productivité, elle engagea bon nombre de spécialistes pour lui permettre d’accroître sa production dans des conditions optimales, ce qui lui permettra dans les années 1930 de dépasser les 2 millions de tonneaux et devenir la 7ème plus grosse entreprise mondiale.

En 1973, la brasserie arrête la Porter et axe sa stratégie sur la fameuse Stout, son produit phare. L’entreprise grossit de plus en plus, elle achète la Distillers Company en 1986, une grosse compagnie Écossaise de boissons et produits pharmaceutiques  mais fait face à un scandale majeure car ce rachat fut établi de manière frauduleuse et a artificiellement fait grimper les parts de la société entre autres. Je vous épargne les détails mais le procès durera jusqu’en 2002 et fut l’une des plus grosse affaire de rachat frauduleux du Royaume Uni à l’époque, ce qui entacha quelque peu l’image de la brasserie.

La brasserie est toujours à Dublin, malgré des rumeurs de déménagements et des brasseries extérieures (comme il fut un temps à Londres et encore aujourd’hui en Afrique, au Cameroun).

En 1997, la brasserie a fusionné avec le groupe Grand Metropolitan pour devenir Diageo, vous connaissez tous certaines de leurs marques, par exemple la fameuse Kilkenny, la Smirnoff, le Rhum Captain Morgan, ou encore les Whisky J&B, Caol Ila, Johnny Walker, Talisker ou Lagavulin pour ne citer qu’eux. 

Aujourd’hui la brasserie est devenue incontournable, et reste même ancrée dans la culture populaire de par sa communication et ses innovations qui ont su à chaque fois, la rendre quasi incontournable face aux concurrent.

Une communication bien maniée et des innovations 

Guinness c’est une marque connue, ca, vous le savez, comme je le disais plus haut, quand on parle Stout, on pense à Guinness, même les plus néophytes en bières arrivent à comprendre ce qu’est une Stout grâce à cette marque. 

Bien sur, le Stout ce n’est pas une invention de la brasserie, mais un style de bière bien à lui qui a été bien vendu surtout. Il faut dire que les brasseries étaient très portées sur les Ales, les Pils etc…. Les bières brunes c’était surtout pour les Anglais à l’époque, avant que la brasserie n’exporte et fasse connaître le style aux pays voisins (et moins voisins). 

Si vous connaissez aussi bien la marque c’est parce que sa communication est bien huilée justement, à travers des slogans et des logos bien connus.

Ce qui a permis justement cela, c’est le fait que la marque a su jouer sur les valeurs nutritives de sa bière, et aujourd’hui on l’associe à des valeurs comme la force (valeurs nutritives donc), la patience (la bière est longue à servir), et le bon vivre. 

On associe la Guinness à du pain liquide, ou repas liquide de par sa consistance (ceci est valable pour les Stout en général, pas uniquement la Guinness évidemment). Il est vrai qu’un verre de Stout peut vous donner l’impression de vous caler, la mousse est épaisse et crémeuse, la bière est noire comme de l’encre de Chine, on y voit quelque chose de lourd par rapport à une Lager dorée et transparente (et bulleuse). Pourtant, une Guinness pèse le même poids que les autres (c’est logique en même temps hein), et surtout, sa valeur calorique est une des plus légère (198 kilocalories / pinte, moins calorique que 500ml de lait ou de jus d’orange). 

Mais historiquement, les Stout et leurs déclinaisons ont toujours été considérées comme des bières nutritives, par exemple, des Oatmeal Stout, les plus anciennes, avaient des taux d’alcool faibles et étaient données aux enfants en bas âge pour leur donner de la force. (Ceci aussi venant du fait que l’eau potable n’était pas monnaie courante à une certaine époque). On faisait de même en Belgique avec des bières à 1.2° d’alcool à la cantine il y a très longtemps maintenant.

Pour afficher aussi ses racines, la marque a un logo incontournable, la harpe celtique, qu’on associe immédiatement à l’Irlande alors que cet instrument est répandu dans tout le Royaume Uni aussi ceci étant dit. La Harpe de la brasserie est inversée par rapport à celle des armoiries nationales.

Autre symbole, un peu plus vieux mais toujours visible, c’est le fameux Toucan! Introduit dans les années 1940 et illustré par S.H Benson’s (société connue pour ses campagnes avec la marque Irlandaise), cet oiseau mythique était partout sur les affiches, il résulte d’un jeu de mot avec la phrase “You Can”, et la robe de l’oiseau faisant penser à la Guinness, il fut gardé, son bec coloré étant aussi parfait pour dénoter avec le reste, on a donc gardé cet oiseau durant des années, on ne le voit plus depuis 1982 à part dans de rares occasions, l’oiseau étant devenu plutôt connu maintenant comme une publicité Vintage qui fait déco dans les pubs ou les chaumières de passionnés. Il faut dire que les campagnes marketing de Guinness sont moins agressives que les concurrents industriels, vous ne voyez pas de pub pour la marque sur les arrêts de bus en France alors que Heineken, Pelforth ou autre vous les voyez un peu partout.

En dehors de la publicité de base, la marque a su innover avec son temps, la Guinness est connue pour son style particulier, ses bulles qui descendent, sa composition etc… et nous y reviendrons plus tard dans cet article. 

Ce qui plait surtout, c’est le goût d’une Guinness en pression, si on vous sert une Guinness en bouteille à l’arrache, ca n’aura pas la même saveur, je me souviens encore de bars qui pour une pinte me servait 2 canettes comme des sagouins dans une pinte de je ne sais plus quelle marque encore. La marque a fait preuve d’ingéniosité, en effet, si le consommateur aime la bière Guinness en pression, il va sans doute chercher à reproduire cela chez lui, après tout, pourquoi boire une mauvaise Guinness à la maison quand on peut avoir une qualité “draft” au pub?

Là était le truc, Guinness devait s’introduire un peu plus dans nos chaumières tout en gardant sa saveur authentique et appréciée, et c’est là qu’est née la Guinness Draught.

La Guinness Draught est une canette qui contient un “floating widget” c’est à dire une petite sphère remplie d’azote (le gaz présent dans la Guinness) qui, à l’ouverture va libérer son gaz dans la bière et va simuler une pression au moment ou vous servirez la bière. 

Le fameux Guinness Draught

Autre petite innovation, mais qui a moins fonctionnée, c’est le Surger,  une plaque qui envoie des ondes ultrasoniques dans votre verre de Guinness pour reproduire la montée des bulles et la création de la mousse. Ce produit était destiné aux particuliers, mais cela n’a jamais vraiment pris, le produit est peu distribué et il l’est surtout pour les professionnels. Il faut savoir que cette innovation existe en fait depuis 1977 mais elle n’a été vraiment exploitée qu’en 2003 pour une mise en commercialisation en 2006.

Vous le voyez bien, on a ici une marque qui a une communication assez simple, elle ne vous matraque pas comme d’autres mais cela suffit pour vous faire penser rapidement au produit. 

 

Une Guinness c’est composé de quoi en fait?

Autre aspect de notre dossier, c’est la composition en elle même du produit, certes on a ici une Stout (on y revient juste après d’ailleurs), mais il y a quelques petites choses à savoir sur la composition de notre célèbre bière.

Evidemment, comme toutes les bières, elle dispose des principaux ingrédients, à savoir eau, malt, houblon et levure (tenue secrète). Le tout est filtré et pasteurisé, obligatoire pour s’exporter partout dans le monde, certains pays refusant la non pasteurisation par exemple.

Au niveau du gaz, il y a une particularité justement, la fameuse Guinness Cascade. On a tous eu une fois cette impression que les bulles ne remontent pas mais descendent en fait, normalement ce doit être l’inverse qui doit être visible, et pourtant ce n’est pas le cas ici.

Rassurez vous, depuis 2004 les scientifiques ont bien établi que vous n’étiez pas fous, les bulles descendent bien justement! Pour paraphraser Wikipedia, les différences de températures dans le verre créent un courant de convection, ainsi les bulles remontent par le courant central, stagnant sur la surface et ensuite redescendant sur la périphérie du verre. 

En gros ce phénomène n’est pas inhérent à une Guinness, il peut être visible pour d’autres liquides, simplement les couleurs de la Guinness rendent le phénomène plus visible, plus captivant également.

Enfin, c’est bon de le préciser, durant des années le groupe a utilisé des vessies natatoires de poisson ou plus communément appelé colle de poisson pour mieux filtrer et éclaircir ses bières, c’est une technique connue dans l’industrie agro-alimentaire mais qui, en ces temps nouveaux de prise de conscience, ne correspondait pas au mouvement “Vegan-Friendly”. Sachant qu’une bière, de base en général, c’est Vegan Friendly, il aurait été bête de continuer à utiliser cette technique qui, n’apporte rien au produit final en plus. 

Tout récemment, la brasserie a cessé d’utiliser ce produit et, est donc devenue officiellement “Vegan-Friendly”. Il aurait été dommage de se priver des buveurs de bières Vegan après tout!

Le fameux Surger, trouvable sur Amazon apparemment

 

Comment servir une Guinness? 

Il y a une véritable façon de servir une Guinness, bien sûr, la bière se sert d’une certaine façon pour ne pas se retrouver avec une quantité ingérable de mousse dans le verre.  Mais ici, le service fait partie du folklore autour de la boisson, il est dit qu’une Guinness doit se servir en 2 temps, voire 3 temps.

Déjà, les Guinness ont besoin de tireuses spéciales, souvent fournies par la brasserie (malin!), car celle-ci est servie avec de l’azote et à 6 degrés. En général, on va utiliser du Dioxyde de Carbone, mais ici, avec l’Azote, votre mousse va mettre plus de temps à se former d’où le fait que la bière se serve plus lentement également. (Les bulles sont aussi plus petites avec l’Azote).

Techniquement, toutes les bières peuvent êtres servies à l’Azote, et une Stout peut être servie au Dioxyde de Carbone, simplement, l’Azote va vous donner une mousse plus crémeuse, on peut trouver cela avec des IPA (les Américains adorent cela!) et d’autres styles de bières, un tirage à l’azote apporte une expérience gustative différente.

Il faut 2 minutes pour servir une bière (d’où la notion de patience vue plus haut), ou 119.5 secondes précises selon la brasserie. Ensuite, il faut que la mousse soit suffisamment épaisse pour que le barman vous dessine un trèfle en fin de service, sinon, vous pouvez, selon la légende, refuser cette bière. 

Toujours selon une légende, le service en 2 temps viendrait du fait que Arthur Guinness, en se servant une pinte, dû interrompre son service et revenir un petit peu plus tard terminer de remplir sa pinte, il constata à ce moment là que celle-ci était meilleure…. Mais cela reste une légende..

Guinness aujourd’hui 

La Guinness n’a pas tant évoluée que cela, certes, la recette et la composition a subit des modifications, mais de base, l’ensemble n’a pas beaucoup bougé à travers les années, les brasseries industrielles ont dû faire face aux mouvement craft, d’abord en Amérique puis en Europe, et il a fallu s’adapter.

Durant des années, l’Oligopole des grands groupes a fait que les brasseries ne s’ennuyaient pas trop à produire de la nouveauté, elle faisait du marketing autour d’un acquis commercial dirons-nous. Donc à part des packaging et des campagnes de pubs bien huilées, on visait toujours à attirer des nouveaux buveurs et garder les fidèles, mais la peur de se planter avec la nouveauté fait que les choses ont peu bougé en ce sens avant les grands bouleversements du milieu que l’on connaît dorénavant. 

Du coup, notre amie Irlandaise a dû elle aussi s’adapter, car même si je trouve que son image est plus qualitative que les autres, il y a tout de même besoin de ne pas louper la vague et se laisser bercer par ses acquis.

Ainsi on a vu réapparaître des blondes chez Guinness, comme la Nitro Ipa par exemple, mais aussi des variantes de Guinness comme la Export qui dispose d’un taux d’alcool supérieure à la classique (c’est nécessaire pour que la bouteille s’exporte dans de meilleures conditions).

De base, la marque a surtout proposé des variantes de ses Stout (comme celles brassées en Afrique avec du Sorgho), en éditions limitées par exemple, mais aussi des Lager aujourd’hui disparues.

Actuellement, on retrouve des Nitro Ipa dans les rayons, et la brasserie a également fait des bières en éditions limitées un peu craft aux étiquettes vintage, ce qui a donné les West Indies Porter et les Dublin Porter, qui n’étaient pas mal du tout, je dois l’avouer. Cette série limitée était l’occasion d’un petit retour aux sources, mais on trouve aussi des Hop House, des Lager ou des Ale en rayon, autrement dit, la brasserie a commencé, comme ses concurrents, à varier les plaisirs bien que niveau communication j’avoue, à titre personnel avoir découvert ces bières un peu par hasard en rayon. 

Il faut avouer que niveau marketing, la marque semble plus calme que les autres qui n’hésitent pas à crier sur tous les toits qu’elles font une IPA ou une bière de Printemps.

En conclusion

La Guinness c’est bon pour la santé disait-il! Bon, cela reste une bière industrielle mais j’avoue que lorsque je suis dans un pub qui ne sert pas de craft, je pars toujours sur une Guinness, déjà parce que je suis un amateur de Stout à la base, mais aussi parce que c’est léger et que ca se boit tranquillement. 

J’ai voulu commencer par Guinness car c’est finalement la brasserie qui m’a le moins agacé, qui n’est pas dans un groupement tentaculaire comme Ab-Inbev (même si cela reste un groupe de taille conséquente ne l’oublions pas), mais voilà, j’ai commencé comme beaucoup à découvrir la bière avec des Lager et la 1ere fois que j’ai goûté une Stout j’ai su que j’adorais ce style, et cela m’a ensuite permis de découvrir les Porter, les Imperial Stout etc…  et surtout d’autres Stout mais artisanales cette fois-ci. 

Je reste toujours quelque peu admiratif, d’un point de vue Business des parcours de certaines brasseries et leurs fondateurs, même si je n’aime pas les stratégies monopolistiques de maintenant, je trouve intéressant de voir comment certaines brasseries ont su rester en avant après des années, et Guinness a quand même dépassé les 250 ans d’existence!

Bien sur, les pratiques des brasseries restent douteuses, lisez Heineken en Afrique et vous comprendrez, et je suis certain que même si Heineken est visé, d’autres groupes aussi, en Afrique ont fait des choses peu claires vis à vis des gens là bas.

Mais voilà, Guinness reste une brasserie industrielle, qui, en terme de grosse structure, est celle qui me dérange le moins, ses bières sont correctes, j’aime ses com’ vintages, son historique et puis j’ai du sang Irlandais d’une partie de ma famille forcément ça joue en leur faveur.

La brasserie reste un incontournable après tout, le nom est connu de tous, et même ceux qui n’y connaissent rien, ont déjà entendu parler du fameux livre des records, ce n’est pas un homonyme, c’est bien la brasserie qui est derrière tout cela. 

Alors même si je suis un fervent partisan du craft, je pense qu’il est intéressant de connaître l’histoire de la bière, que ce soit de façon archéologique, mais aussi historique et économique, si on veut connaître un milieu, il faut je pense, en étudier toutes les facettes et même si on aime pas les industriels, s’intéresser à ce qu’ils font, ou comment ils sont devenus ainsi, reste pour moi intéressant et utile, ne serait-ce que pour comprendre les tendances et éventuellement, anticiper certaines actions dans le craft qui pourraient infliger quelques revers aux industries.

D’ailleurs, nous parlerons d’autres grosses brasseries prochainement, et évidemment, Heineken ne sera pas en reste, mais le dossier sera beaucoup plus gros je pense. 

En attendant les amis, Cheers!

Et une petite vidéo avec Conan O Brien pour le fun

Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Guinness

http://news.bbc.co.uk/2/hi/uk_news/scotland/3516100.stm

https://en.wikipedia.org/wiki/Guinness

https://en.wikipedia.org/wiki/Guinness_share-trading_fraud

https://en.wikipedia.org/wiki/Arthur_Guinness

https://vinepair.com/articles/history-guinness-toucan-ads/

https://www.lexpress.fr/tendances/vin-et-alcool/dublin-la-legende-de-guinness_1804153.html

https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2015/11/02/la-guinness-devient-vegan-friendly_5991578_4832693.html

https://www.happybeertime.com/blog/2016/02/09/le-service-de-la-biere-a-lazote/

 

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